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Poser un travelling.

Un travelling peut sembler simple sur le papier : deux rails, un chariot, un mouvement. Sur le terrain, la distance et le sol changent tout. La qualité du plan se joue souvent dans un calage que personne ne verra à l’image.

Jordan ChampionMachiniste · Grip21·5 min
Long travelling cinéma installé en extérieur avec rails calés et chariot caméra
Sur le plateau

Sur une longue ligne, la distance et le terrain dictent la méthode : partir du point haut, régler le rail directeur et soigner chaque jonction.

La distance et le terrain sont les deux premières contraintes.

Sur une longue ligne, je commence par regarder le terrain avant de toucher au rail. La pente, les changements de niveau, la nature du sol et la longueur réelle du mouvement vont déterminer la quantité de calage et la méthode de pose.

Le principe de départ reste simple : je pars du point haut. Cela évite de construire une ligne trop basse qu’il faudrait ensuite reprendre partout. À partir de ce point, je règle d’abord le rail directeur, qui devient ma référence pour toute la suite.

Ma règle de départ

Sur une longue ligne, on part toujours du point haut. Le premier rail donne la référence ; le second vient ensuite se construire par rapport à lui.

Le niveau ne remplace pas la méthode.

Je travaille au niveau avec des cales, des cales fines et des cubes quand il faut reprendre davantage de hauteur. L’objectif n’est pas de mettre du bois partout : c’est de créer les bons points d’appui et de garder une ligne stable sur toute la distance.

Avec l’expérience, le gain de temps vient surtout de l’ordre dans lequel on travaille. Un débutant peut avoir le bon niveau et les bonnes cales, mais perdre beaucoup de temps s’il reprend sans cesse une zone déjà réglée. La méthode permet d’aller vite sans bâcler le calage.

Un rail bien posé est de niveau, mais surtout il ne claque pas.

Un travelling peut être théoriquement de niveau et pourtant être mauvais à rouler. Ce que je surveille particulièrement, ce sont les jonctions entre les éléments de rail.

Quand le chariot passe, il ne doit pas y avoir de claquement ou de rupture dans le roulement. Une jonction qui travaille, un appui qui bouge ou un raccord mal repris peut se ressentir immédiatement à la caméra.

Le détail qui compte

Pour moi, un bon rail n’est pas seulement un rail de niveau : c’est un rail qui ne claque pas aux jonctions.

La vitesse vient de la répétition, pas de la précipitation.

Sur un plateau, on doit évidemment être efficace. Mais vouloir gagner du temps en sautant des étapes finit souvent par en faire perdre davantage. Une longue ligne mal pensée oblige à revenir sur ses calages, puis sur ses jonctions, parfois au moment où toute l’équipe attend déjà le plan.

La vraie rapidité vient avec l’habitude : lire le terrain, choisir la bonne hauteur de départ, construire une référence propre et progresser dans le bon ordre.

Travelling & machinerie Grip21.

Le Carnet explique les méthodes ; le catalogue rassemble le matériel disponible à la location pour les mettre en œuvre.

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