Je regarde d’abord l’environnement qui m’entoure.
Avant de penser au matériel, je regarde le décor : les fenêtres, les portes, les accès, le sol, les volumes, la météo et les endroits où les demandes risquent de se concentrer.
Tout dépend ensuite du plan. Une même pièce ne se lit pas de la même manière si la caméra reste dans un axe, tourne à 360°, doit voyager sur un rail ou si la lumière doit complètement disparaître du champ.
L’expérience m’a surtout appris à mieux anticiper la lumière.
Au début, on attend davantage qu’une demande arrive. Avec le temps, j’observe beaucoup plus ce que fait l’équipe image et particulièrement la lumière. Cela permet d’anticiper un besoin de déport, d’accroche, de borniol ou de structure avant que la demande devienne urgente.
Le machiniste n’est pas là pour décider à la place des autres métiers. Il est là pour comprendre suffisamment ce qu’ils cherchent à obtenir pour proposer rapidement une solution adaptée quand le besoin arrive.
Après plus de dix ans, je considère toujours que je suis en apprentissage.
Le premier conseil que je donnerais à un jeune machiniste serait d’écouter les anciens. Pas pour recopier chaque habitude sans réfléchir, mais parce qu’une grande partie du métier est faite de situations que l’on ne rencontre pas dans un manuel.
On apprend en regardant, en travaillant avec des équipes différentes, en faisant des erreurs et en découvrant de nouvelles façons de résoudre le même problème. Je ne pense pas qu’on arrive un jour au point où l’on n’a plus rien à apprendre.
Toujours partir du principe qu’on est en apprentissage continu. Même après plus de dix ans de machinerie, il reste toujours quelque chose à apprendre.
Comprendre le plateau ne veut pas dire prendre la place des autres.
Pour moi, rester à sa place fait partie du métier. On observe beaucoup, on anticipe, on peut proposer, mais on respecte les responsabilités de chacun et la hiérarchie de l’équipe.
Cette attention permet aussi de mieux assister sa propre équipe. Comprendre ce que le chef ou les collègues sont en train de faire permet d’apporter le bon outil, la bonne pièce ou le bon renfort avant qu’ils aient besoin de tout expliquer.
Un bon machiniste comprend le plateau et prend des décisions simples.
La technique compte évidemment. Mais être techniquement correct ne suffit pas toujours à être efficace sur un plateau. Il faut être attentif, comprendre la demande, voir ce qui peut arriver ensuite et choisir une solution simple quand une solution simple existe.
C’est probablement le fil conducteur de ma façon de travailler aujourd’hui : observer, anticiper, protéger, assister l’équipe et ne jamais compliquer un montage uniquement pour montrer que l’on sait construire compliqué.
Comprendre le plateau, être efficace avec des décisions simples et toujours continuer à apprendre.
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Les autres notes parlent de travelling, accroches, lumière, grues, car rig, borniol et méthodes de plateau.

